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Ça fait un bon bout que je n’ai pas écrit, que je n’ai pas pris le temps d’écrire. Pas par manque de temps, ni d’intérêt, ni de chose à dire. Mais c’est ça. Je n’ai pas pris le temps, même si ça me manquait.
Donc, je reprends du clavier aujourd’hui pour vous parler d’un livre que j’ai découvert et puis dévorer en quelques jours. J’avoue que je craignais un peu le sensationnalisme. Mais non. On dirait sincèrement que l’auteure a vécu ce qu’elle raconte. Ses recherches sont très complètes et sérieuses.
On suit l’histoire de Lakshmi, 13 ans qui vit dans un petit village du Népal, et dont le beau-père, incapable de travailler en raison d’un handicap physique, la « vend » à une étrangère en lui disant qu’elle ira travailler « en ville » chez des gens. Dans son esprit, Lakshmi ira dans une famille riche, comme bonne, et pourra envoyer de l’argent à sa famille.
Lakshmi a une vie d’enfant de 13 ans. Elle va à l’école, joue avec son amie, rêve de marier un des garçons de son village. La famille est pauvre, très pauvre même, et vient un moment où ils ne peuvent plus survivre. On s’en doute. Lakshmi n’ira pas travailler dans une belle grande maison en tant que bonne. Elle se retrouve dans un bordel de Calcutta, sans comprendre rien de ce qui se passe.
Retour sur le voyage entre son village népalais et la grande ville indoue. Lakshmi ne connait que très peu de choses, surtout de ce qui fait partie de notre quotidien à nous. Pendant les quelques jours que durent son voyage, principalement à pied et sans soulier, elle découvre, sans savoir comment les nommer :
- Les trains
- Les voitures
- Les téléphones
- Et bien d’autres!
Sa transition vers sa nouvelle vie se fera bien entendu très difficilement, et je vous épargne les détails de ses journées de travail, les conditions salariales et de travail, etc… bref… elle est très loin de son village, de sa mère et de son école. Elle parvient toutefois à apprendre quelques rudiments d’anglais, ce qui va lui permettre d’entrer en contact avec des Américains. On est bien avant l’ère Trump, le gouvernement des E-U s’impliquait encore dans la lutte contre le trafic sexuel des enfants. D’ailleurs, à la fin de livre, on apprend qu’à chaque année, environ 12 000 jeunes népalaises sont vendues par leur famille, délibérément ou non, dans des bordels de l’Inde. Pire encore, à l’échelle mondiale, selon le US State Department, en 2008, on estimait que près de 500 000 d’enfants étaient victimes de trafic sexuel. Des données qui font peur! En voulant trouver des données plus récentes, j’ai trouvé un article de Wikipedia sur le sujet, si jamais ça vous intéresse.
En gros, et je cite : According to a conservative estimate by the International Labour Organization, around 2.4 million people—overwhelmingly women and girls—are currently in forced labor because of trafficking, creating a US$32 billion industry worldwide. Annually, approximately 600,000–800,000 people are trafficked across national borders around the world, 80 percent of whom are women and girls. Around 1.2 million victims of trafficking are minors: around 43% are trafficked for commercial sexual exploitation while 32% are for involuntary servitude, and 25% for a mixture of both.
Quand je vous disais que l’auteure a fait de longues recherches, elle s’est rendue au Népal afin de suivre, à son tour, le chemin qu’empruntent les jeunes filles jusqu’au redlight district de Calcutta. Elle a interviewé des travailleurs humanitaires, qui ont réussi à sauver un certain nombre de ces enfants, leur donnant des soins médicaux et de la formation professionnelle. Et surtout, elle a rencontré de ces survivantes afin de bien comprendre les horreurs (qui dépassent l’entendement) vécues. Certaines ont même le courage de visiter les villages népalais les plus reculés afin de sensibiliser les gens à ce qui se passe vraiment lorsqu’ils pensent vendre leur fille. D’autres patrouillent la frontière entre le Népal et l’Inde afin d’intercepter toute jeune fille qui voyage avec quelqu’un qui n’est pas de sa famille.
Ce livre, malgré la réalité qu’il décrit, est rédigé avec une grande douceur, avec les mots d’enfant qu’est Lakshmi. Sans minimiser tout ce qui se passe dans la vie de l’enfant-ado, au contraire! Une lecture qui vous fera réfléchir, et surtout apprécier notre belle vie nord-américaine.
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